11/12/2015

LE CHOCOLAT DURABLE EST L'AFFAIRE DE TOUS

Le chocolat durable est l’affaire de tous

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Oxfam Magasins du Monde/Wereldwinkels était à Abidjan, notamment en la personne de Marieke Poissonnier, responsable du plaidoyer sur les matières premières, dont le cacao. Comme la majorité des participants, elle signera la Déclaration dite d’Abidjan, qui représente une étape importante dans le processus.

Quel est le résultat le plus important de cette conférence d’Abidjan ?

La Déclaration, bien sûr, même si elle aurait pu être plus ambitieuse. Son grand mérite est que tous les acteurs de la filière prendront l’engagement de travailler ensemble; plus seulement chaque entreprise avec son projet. De plus, elle mentionne les défis les plus importants. Quand on voit d’où on vient et où on en est, on peut se dire qu’on a déjà beaucoup avancé. Il y a trois ans, lors de la Table ronde de l’économie durable cacaoyère, l’élimination du travail des enfants n’était pas considérée comme un défi. Aujourd’hui, il l’est. La Déclaration fait par ailleurs référence à ce qu’on appelle l’"Agenda global" qui, lui, améliorera plus fondamentalement le processus et les droits humains. Cet agenda a été discuté à Abidjan mais hors du programme officiel. Il sera finalisé et soumis à signature en février prochain, pendant la conférence de l’International Cocoa Organization (ICCO). C’est cet Agenda global qui nous importe.

N’y a-t-il rien de concret dans la déclaration ?

Si. Elle recommande, par exemple, le principe d’une coordination des efforts de tous, gouvernements, ONG, producteurs, distributeurs Afin, par exemple, que les plans ne soient pas seulement implémentés aux plantations ou coopératives proches des villes ou de routes principales. Elle recommande aussi le développement de plans nationaux pour une chaîne du cacao durable au niveau des pays producteurs, mais aussi des pays transformateurs et consommateurs. Aux Pays-Bas et en Allemagne, de tels plans existent. On attend une initiative de ce type en Belgique. Oxfam l’appelle de tous ses vœux.

L’offre de fèves de cacao est largement inférieure à la demande. Notamment du fait d’une augmentation de la demande dans les pays émergents. Est-ce, selon vous, un avantage ou un inconvénient ?

Le "gap" entre offre et demande peut être vu comme un coup de pouce. Les entreprises, après des décennies de négligence, vont devoir investir dans l’offre, dans la manière de produire, dans la productivité des cacaoyers, dans la qualité Mais "ce fossé" peut aussi représenter des risques. Si l’offre augmente, le prix ne va-t-il pas chuter ? De plus, pour que l’offre augmente, il va falloir plus de la main-d’œuvre; or, celle-ci est souvent féminine voire enfantine, car moins chère Mais j’aurais tendance à dire que ce "gap" est avant tout un défi : celui d’inciter les entreprises qui investissent dans l’augmentation de la demande (campagne publicitaire ) à investir plus qu’elles ne le font dans l’amélioration et l’augmentation de la production. C’est toute la filière qui doit être consciente du problème. Jusqu’aux consommateurs qui doivent exiger du chocolat durable. C’est cet esprit qui a été traduit dans la Déclaration d’Abidjan.

Cette augmentation de l’offre pourrait passer par une augmentation de la taille des producteurs. Un bien ?

En Afrique de l’Ouest, qui représente 70 % de l’offre mondiale, la production est majoritairement effectuée à petite échelle. Par des petits producteurs qui, généralement, produisent aussi café, patates douces, bananes, papayes De quoi diversifier le risque. Oxfam travaille à améliorer le cadre dans lequel ces planteurs travaillent. Cela passe par des décisions nationales (infrastructures, garantie d’un revenu minimum ), mais surtout locales : les planteurs ont vieilli, leurs plantations aussi; le travail est dur, peu valorisant et n’intéresse donc pas les jeunes Or, la fierté du travail accompli est un élément important dans le durable. Les défis dans la chaîne de cacao sont encore nombreux. C’est pourquoi, il faut agir, maintenant.

CHARLOTTE MIKOLAJCZAK Publié le mardi 04 décembre 2012 à 07h42 - Mis à jour le mardi 04 décembre 2012 à 07h42

 

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Sources : Article de Charlotte Mikolajczak.


 

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